Acouphènes à perpétuité ? 

oreille et fusil 2

Un matin de décembre 2002, je me reveille, et j’ai l’impression que j’ai légèrement l’oreille droite bouchée. Ho, ce n’est rien, vite dans la salle de bain. Je prend un coton tige et… je me fait un bouchon… Je n’ai plus qu’à prendre rendez-vous chez l’ORL (Oto-rhino-laryngologue) pour qu’il me le retire.

J’ai rendez-vous un samedi matin. Il m’avait déja retiré un bouchon que je m’était fait quelques années auparavant. Et il me le retire, en 3 secondes, facilement. Problème, j’entend un léger sifflement dans l’oreille désormais… Ca va passer me dis-je… Voilà plus de 5 ans que je l’entend, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7…

Une semaine après, je reprend rendez-vous chez l’ORL, pour lui parler de ce sifflement. Je ne parlais pas encore d’acouphène à proprement dit à ce moment la. Je pensais que c’était le traditionnel sifflement que l’on entend à chaque fois qu’on sort de boite de nuit, et qui disparaît le lendemain matin… Il me prescrit 3 mois de Vastarel et de Vasobral, deux vasodilatateurs. L’ORL ne me parle absolument pas d’acouphènes à ce moment la. Je n’imagine même pas que ce genre de galère puisse durer toute une vie.

Bref, je prend mon traitement sérieusement… pendant 1 mois. Comme je ne voyais venir aucune amélioration, j’ai arrêté le traitement. Si seulement l’ORL m’avait mieux sensibilisé sur l’acouphène et ses traitements, si seulement je m’était renseigné sur le web le jour du sifflement, je n’en serais peut être pas la aujourd’hui. L’ORL m’envoi faire un scanner du crâne, afin d’écarter un éventuel neurinome de l’acoustique. Pas de place pour le scanner avant… 6 mois ! Six mois passe, avec l’espoir que cette examen permette d’ouvrir une piste, en vu de ma guérison.

Je passe donc le scanner, à poil dans une sorte de robe de chambre en papier. On vous glisse horizontalement dans une IMMENSE machine (je me suis demandé à ce moment la comment cette machine, le scanner, à pu entrer dans cette pièce). Vous ne devez absolument pas bouger, et vous entendez un bruit qui fait TAC TAC TAC TAC TAC rapidement, pendant quasiment tout l’examen. Je sort au bout de quelques dizaines de minutes. Peut-être moins, je ne sais plus. Résultat, négatif, je ne présente pas de neurinome de l’acoustique. Ouf. Mais j’ai toujours cet acouphène. Je retourne chez l’ORL.

L’ORL ne prononce toujours pas le mot "acouphène", on parle toujours de sifflement. J’ai mon oreille qui chauffe, elle est rouge, elle me brûle. J’ai envie de me couper l’oreille, de l’arracher comme Vincent Van-Gogh le fit. Il me prescrit du Rivotril (médicament à base de clonazépam), pour me calmer. Il doit avoir peur que je me suicide. Moi aussi j’en ai eu peur à cette période. L’acouphène vous rend fou, c’est terrible. Plus rien ne compte à vos yeux. Vous êtes prêt à donner tout l’or du monde pour ne plus subir ce foutu sifflement.

Un an plus tard, un autre ORL me dirige vers l’hôpital européen George Pompidou, à Paris, afin de suivre 10 séance de TCC (Thérapie comportementale et cognitive). Son but ? m’apprendre à vivre avec, à intégrer le sifflement comme quelque chose de tout à fait normal et d’intégré au fonctionnement de tous corps humains. J’y suis allé 3 fois… Puis j’ai lâché l’affaire. Tout ce que j’ai pu voir et entendre dans cette thérapie, je le savais ou l’appliquais déjà.

Depuis, je ne prend rien pour améliorer ce supplice qu’est l’acouphène. Pas une pause, pas un arrêt, rien. Depuis plus de 5 ans, ça siffle dans mon oreille, jour et nuit. Je ne sais pas si vous pouvez vous rendre compte de ce que c’est. Mon corps à peut être amplifié ma colopathie (si c’est bien ça que j’ai) pour faire diversion. Ou est-ce encore moi qui réfléchi décidément trop…

Je mise tout de même sur la recherche. Plus de monde souffrant de ce mal se manifeste, plus les laboratoires ont d’interêt de trouver une solution au probleme. Je vous invite donc à faire parti de l’association France Acouphènes. Ce n’est pas cher, c’est ouvert à tous, vous n’avez rien d’autre à faire que d’adhérer pour quelques euros.

Pierre.