Je souffre depuis plusieurs années maintenant de troubles du transit. Il m’arrive souvent d’aller au toilette 3 fois de suite, surtout le matin, avec une chiasse du tonnerre. Le problème, c’est que cette envie arrive souvent quand je suis dans le RER, et quasiment tout le temps le matin. J’ai l’impression lorsque je me lève tôt, que mon intestin n’est pas encore réveillé. Donc je ne le sens pas. Mais sur les coups de 8h/9h, il se réveille, et la, il faut que j’aille immédiatement au toilette. Et ça part en diarrhée. mais vu que je suis très souvent dans le RER pour mon travail, ça devient très handicapant…

Dans ces moments la, tout le monde voit bien que ça ne va pas. Votre visage se transforme, vous avez tous les soucis du monde qui arrive sur votre tête, les collègues se posent des questions. Quand on me demande ce qu’il y a, j’invente quelque chose, je dis que ma fille est malade, que je n’ai pas beaucoup dormi, que je peux partir d’un moment l’autre pour l’emmener chez le médecin, etc. etc. Bref, tout est bon pour ne pas dire qu’on a tout simplement la chiasse. Et la, vous ne pouvez plus vous retenir. Vous devez allez au chiotte, MAINTENANT ou JAMAIS. Votre visage est tendu, vous êtes blanc, vous n’avez plus rien d’autre en tête. Vous faites des petits pas, votre cerveau analyse toutes les possibilités… On peut toujours trouver l’excuse de la gastro, mais ca passe 1 fois, 2 fois dans l’année. Au bout de la troisième fois, on commence à se poser des questions. Et ca devient un cercle vicieux. Vous devenez tres anxieux. Vous ne savez pas si vous avez la chiasse parce que vous êtes anxieux, ou parce que vous êtes anxieux, vous avez la chiasse.
Vous allez chez le gastro-entérologue, vous faites une prise de sang, deux prises de sang, une coloscopie, puis deux 5 ans apres, vous essayez également via votre médecin tous les médicaments du type Débridat, Spasfon, Polykaraya, Météospasmyl, Smecta, Arestal et j’en passe. Le problème reste le même.On vous dirige chez un psy, qui lui vous donnera peut-être, comme pour moi, de l’Effexor 37,5 LP. Et la miracle, vous êtes plus détendu, et au bout de 6 mois, hop, je me sentais plutôt bien, avec une baisse tres significative de mes problèmes gastriques. Mais, problème, le psy essaie de vous faire arreter de prendre de l’Effexor. Vous vous sentez quasiment guéri, pourquoi pas. Et la, vous comprenez à quel point c’est dur d’arreter ce genre de médicament. L’addiction est tres forte. La baisse de la dose provoque des vertiges assez dur à gérer et de l’anxiété à revendre. Avec le retour de l’anxiété, je vous le met dans le mille, l’intestin redevient sensible… La boucle est bouclé.
Malgré tout, j’ai essayé de prendre le taureau par les cornes, sans prise de médicaments, de bien suivre les rendez-vous hebdomadaires chez le psy pour essayer de trouver d’où venais le problème. ça à duré presque trois ans. Pendant trois ans, chez eu 3 ordonnances de 6 mois à peu près d’Effexor LP 37,5. Comme dit plus haut, la première prise a été nickel pour moi, mais les deux autres n’ont pas fait disparaître mes problèmes matinaux. J’étais certe moins anxieux, mais les diarrhées imminentes toujours la… Et j’ai déménagé…
En déménageant à plus de 80 km, je ne pouvais plus me rendre chez le psy habituel. j’ai donc arrêté les visites. J’ai essayé de gérer au mieux. Jusqu’au jour où les problèmes vous empêche d’aller au boulot un matin, et la, il faut aller chez le médecin. un nouveau médecin. Diagnostique, sûrement un gastro entérite. Et ça ne s’arrange pas, et vous revenez chez le médecin, et il comprend qu’il ne va pas réussir à vous guérir comme ça. “Encore un patient à problème qui va me gonfler toute l’année celui la” doit il penser. Nouveau traitement, juste pour oublier les symptômes: toujours avoir sur moi de l’Arestal pour stopper la diarrhée, et du Lysanxia pour stopper la monté d’angoisse. C’est rassurant me dis-je d’avoir toujours au cas où une “béquille”, pour travailler normalement. Mais je suis actuellement dans une periode où même ce traitement ne me permet pas de travailler sereinement. De plus, je déménage encore…
Nouvelle maison, mariage, bébé, la vie continue, avec mon stock de médicament palliatif que je trimbale tout le temps avec moi. Pire qu’un vieux. Et un matin, au boulot, je dois quitter mes collègues pour aller au toilette. J’y retourne 3 fois. Je dis que je souffre d’une gastro, sûrement refilé par ma fille de 4 mois, qui l’a attrapé récemment chez sa grand-mère (ce qui est faux, comme toujours). Je vais chez le médecin, un a coté de chez moi, un nouveau, puisque je viens de déménager. Je lui explique tout. La consultation a duré 40 minutes. Il me demande de raconter un peu comment je gère ma vie. Il n’en revient pas. Je lui dis que je choisi ce que je mange en fonction de mon emploi du temps du lendemain, que je ne sort pas dans des endroits où l’acces au toilette sera difficile (comme un concert, match de foot, etc.), que j’ai toujours sur moi une petite boite de survie contenant un debridat, un arestal, un lysanxia et un lexomil, que cette petite boite se transforme en grande pochette lorsque je dois partir plus longtemps quelque part, etc. etc. Bref, que j’arrive à gérer mes activités personnels, mais que je n’arrive désormais plus à gérer l’essentiel, ce qui ramène l’argent à la fin du mois, c’est a dire ma vie professionnelle. Le médecin a l’air d’être sur le cul. Nouveau traitement: 25 gouttes de Laroxyl tous les soirs. Comme dit ma femme pour m’embêter, “prend tes gouttes grand-père et au lit“. A 28 ans… Cela fait 10 jours que j’en prend, je ne vois pour le moment aucun changement.
Le week-end passe, et rebelotte la semaine suivante. Aïe aïe aïe, c’est de plus en plus difficile de cacher ce que j’ai. Et dans le milieu professionnel, il n’y a pas de place pour les gens comme moi. Si vous ne faite pas l’affaire, vous êtes mis directement sur la touche, et vous n’avancez pas. J’ai demandé à mon responsable si je pouvais abandonner l’équipe pour retourner chez moi, que j’avais sûrement une gastro entérite mal soignée. Je suis cerné. Tout le monde se pose des questions sur moi, certains doivent penser que je suis un fainéant, un feignant quoi. J’ai récemment fait une demande pour évoluer professionnellement. Avec tout ça, il va clairement y avoir un bémol sur mon dosier…
A suivre.
M.